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Journée Portes Ouvertes St Valentin

 
Mardi 14 février 2017,
de 12h à 14h,
 
grande distribution de barbes à papa au planning,
 
en l'honneur de la Saint Valentin!
 
 
 
Vous pourrez découvrir lors de ces portes ouvertes notre équipe, ses services et ses locaux...
 
Un moment de fête gratuit et dans la bonne humeur!

Stop Discrimination

logo stop discrimination
 
Chaque année, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme reçoit des signalements liés à des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et à des actes homophobes, parfois violents.
Sous le vernis d'une acceptation "politiquement correcte", les stéréotypes, les préjugés et les expressions négatives à l'égard des gays et des lesbiennes ont la vie dure.
 
Comment "démystifier" l'homosexualité, pour qu'elle ne constitue plus un tabou ni dans les conversations, ni dans les comportements sociaux?
En questionnant notre propres normes, en contribuant à un climat ouvert, en en parlant.
 
Le court-métrage « Love is Love » (2013) a été réalisé par Sergio Ghizzardi à l’initiative de la Wallonie et du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme.
 
Pour le visionner, suivez ce lien : http://www.stop-discrimination.be/fr/love_is_love.php

My safe Sex Tape

 
Ce jeu de la plateforme prévention sida permet, d’une manière drôle et décalée , de se mettre dans la peau d’une personne qui prend un risque (ou pas) par rapport aux IST et de recevoir les informations nécessaires!
 

L'intimité au pluriel

 
Pourquoi parler d’intimité ? Parce que c’est une notion essentielle pour chacun d’entre nous, existentielle même, et qu’il nous paraît important d’interroger notre propre gestion de l’intime.

Et pourquoi parler d’intimité au pluriel ? Parce que selon l’angle de considération, nous allons nous trouver face à des réalités bien différentes.

Ainsi, selon le contexte culturel ou géographique, l’intimité va recouvrir des significations et des représentations très diversifiées. Il suffit de se projeter sur le continent africain ou européen pour susciter en nous des images bien différentes.

Mais arrêtons-nous à l’Europe. Historiquement dans notre vieille Europe, la conception même d’un lieu privé, intime, ne se développe qu’au cours du 19ième siècle, sous l’influence de la bourgeoisie. C’est seulement à partir des années 1850 que l’on va assister à la naissance de cette famille privatisée qui ferme la porte par rapport à l’espace public qu’est la rue. Jusqu’alors, la maison était plus une protection face aux éléments climatiques et aux agressions barbares, qu’un réel espace privé.

Avec ce mouvement de privatisation contemporain du développement de l’individualisme, l’enfant va être considéré comme une personne à part entière. Peu à peu, à l’intérieur de la maison, les différents espaces de vie vont être séparés et la notion d’intimité va ainsi se développer. Mais ce, plus lentement dans la population rurale qu’urbaine. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, le temps où il n’existait pas de cloisons entre l’espace de repos des parents et celui des enfants n’est pas si éloigné.

Parallèlement, les notions de pudeur et d’hygiène seront de plus en plus promues et exigées.

Aujourd’hui, l’intimité est devenue un droit, et du point de vue psychologique, un besoin. Nous en reparlerons.

 

A y regarder de plus près, on peut entendre ce terme d’«intimité » selon plusieurs acceptions : intimité avec un partenaire privilégié, en famille, ou avec soi-même. Dans le sens commun, le mot implique le plus souvent en effet une relation d’élection affective. Ainsi, chacun a besoin pour se sentir heureux dans la vie, de se sentir attaché à quelqu’un, de pouvoir échanger en profondeur et de se sentir en sécurité avec lui.

Par ailleurs, on peut étendre cette notion à la relation aux enfants. Quelle intimité avoir avec son enfant ? Respectons-nous son jardin secret ? De quelle manière lui apportons-nous des soins corporels ? Cela mériterait de s’y attarder plus longuement ; ce que nous ne ferons pas ici.

Enfin, avant même d’établir une relation d’intimité et de proximité avec autrui, n’y a-t-il pas lieu de «penser » et d’instaurer une intimité avec soi-même ? Et c’est d’ailleurs par là que nous commencerons.

 

L’intimité avec soi-même

Celle-ci relève de notre besoin psychologique d’avoir un espace à nous, un jardin secret, un lieu protégé de toute intrusion. Et pourtant, l’intimité avec soi ne va pas de soi… Il en est certain(e)s qui peuvent ignorer qu’ils ont une vie intérieure, un mode de fonctionnement psychique bien à eux. Ils pensent que tout le monde pense comme eux. Il en est d’autres qui peu à peu font la découverte de leur maison intérieure et qui prennent le temps de s’y « retrouver », de s’y ressourcer. Car si la plupart du temps, nous sommes à la recherche d’une intimité avec l’autre, c’est pour nous sentir protégé(e), rassuré(e). Mais c’est oublier que chacun peut trouver en lui, un espace, un lieu où il peut se sécuriser, se sentir intérieurement apaisé(e).

L’intimité avec soi est à l’image de cette chambre dans laquelle l’enfant aime se retirer pour y retrouver ses jouets, ses objets, ses odeurs… son monde imaginaire. Cet endroit «extérieur», si important dans l’enfance, tout adulte devrait pouvoir l’intérioriser et l’emmener partout avec lui.

De même, l’intimité physique avec son propre corps est une chose bien délicate à acquérir. Que de dégâts à ce propos, provoqués par des messages parentaux «interdicteurs »… et que d’adultes aujourd’hui répugnent à se toucher, à se regarder, à se sentir…

Comment dès lors pourrait-on se laisser toucher, regarder par l’autre, et à son tour le toucher, le regarder, lorsqu’on n’a pas pu apprivoiser avec notre propre corps ?

 

L’intimité avec l’autre

A propos de la formation du couple, une question se pose à l’heure actuelle. Est-ce l’intimité physique ou l’intimité psychique qui est première ? Il semblerait, vu de l’extérieur, que l’engagement des corps et l’établissement d’une intimité sexuelle précéderaient, aujourd’hui, la proximité des cœurs et des esprits… Et peut-être est-ce un signe des temps qui évoquerait la peur de s’engager et la crainte de se mettre au travail d’une construction relationnelle. On pourrait avancer que si l’intimité et la proximité sont plutôt faciles à établir au début, (ça semble tout naturel), avec le facteur temps, cela se complexifierait et impliquerait un travail de négociation. Car ce qui est source d’intimité pour l’un ne l’est plus forcément pour l’autre.

Quand c’est bon et intime pour le premier, c’est trop loin ou trop proche pour le second.

L’intimité est donc une notion éminemment subjective, qui varie avec le temps et l’évolution de chacun. D’où l’importance d’une bonne et réelle communication.

Le couple, il est vrai, repose sur ce désir d’intimité et de rapprochement, mais on s’aperçoit rapidement que ces attentes de base ne se réalisent pas si facilement et qu’il va falloir négocier autour de cette intimité et du désir de transparence.

On peut utiliser à ce sujet l’image du curseur que tout partenaire devrait pouvoir positionner en permanence. Quelle est pour lui, à l’intérieur de son couple et ou de sa famille, la bonne distance et la bonne proximité, étant donné que les besoins de chacun mais également ses craintes ne sont pas les mêmes? Une trop grande proximité pouvant en effet être perçue comme une menace d’empiétement ou d’envahissement tout comme une trop grande distance pourrait être ressentie comme un abandon, une insécurité.

 

La peur de l’intimité

C’est que parallèlement à ce besoin d’intimité, il y a aussi de très grandes peurs, sinon un sentiment de menace. Dans ce vase clos de l’intimité, lorsqu’on se retrouve face à l’autre dans une très grande vulnérabilité, il se peut que nous éprouvions une crainte viscérale qui nous fasse fuir. Par exemple, la peur que ce que nous avions confié à l’autre ne soit récupéré, ou réutilisé. Peur également de se sentir inférieur, crainte d’être ridicule…

C’est peut-être et surtout dans l’intimité physique que toutes ces craintes vont apparaître et que vont s’installer toutes sortes d’évitements et de fuites.  

L’inventaire pourrait être long, bien-sûr. Mais c’est donc tout un chemin que d’apprivoiser ces peurs et cela ne pourra se faire que dans un climat de confiance réciproque, lequel devra aussi se maintenir dans la durée.

Il arrive pourtant que l’on s’y trompe à considérer quelques couples qui pourraient faire envie. Ainsi, certains couples disent se sentir très complices et très intimes lorsqu’ils se trouvent en présence d’autres, quand ils reçoivent des amis, quand ils sont en vacances… Ils ont le sentiment d’être deux. Mais lorsqu’ils se retrouvent sans ces tierces personnes, c’est bien plus difficile. Pour eux, le «côte à côte » leur donne une apparente intimité, alors que «le face à face » s’avère bien plus compliqué… sans doute à cause de toutes les menaces ou peurs sous-jacentes. A moins que ce ne soit le tissu même de la relation qui soit totalement effiloché.


La transparence et le jardin secret.

Autre aspect de l’intimité du couple. Faut-il pour le bien du couple instaurer l’impératif de «la transparence à tout prix » ou est-il bon de garder «un jardin secret » ? Là non plus, il n’y a pas de réponse… et là aussi il est important pour chacun de positionner son curseur !

Les uns, parce qu’ils ont grandi dans un contexte où tout se disait, où tout était mis à plat, imposeront plus tard à leur conjoint, à leur enfant, la même règle explicite ou tacite. Par contre, pour d’autres, la réserve, la pudeur, le jardin secret étaient de mise dans la famille et toute invitation ou insistance à s'exprimer est alors ressentie comme une intrusion.

Ceci pour dire que l’intimité est avant tout une affaire très subjective, liée à l’histoire de notre enfance et à notre environnement familial.

 

L’intimité divulguée.

Enfin, un dernier aspect qui ne sera abordé que trop brièvement, c’est celui de l’intimité divulguée.

Que ce soit dans les magazines, les revues ou à la télévision, quantité d’articles (photos à l’appui), et quantité d’émissions divulguent la vie privée, intime, amoureuse des stars/vedettes ou de tous ces candidats qui espèrent le devenir. Et si ce phénomène a tant de succès, c’est bien parce qu’il rejoint des désirs plus ou moins conscients, plus ou moins avoués chez beaucoup d’entre nous !

Il ne s’agit pas de condamner, mais de s’interroger sur ce qui dans l’âme humaine, pousse à regarder, à participer, sinon à s’extasier devant tant de déballage.

Il y aurait lieu d’ailleurs de distinguer ce qui est du ressort des besoins et ce qui est du ressort des pulsions. Tantôt ce seront les pulsions de voyeurisme pour les uns, d’exhibitionnisme pour les autres, instinct de manipulation et de séduction parfois pour les animateurs ou les producteurs. Ce sera également le besoin de s’identifier à tel ou telle, mais surtout le besoin de se rassurer quant à sa «normalité ».

Finalement, ce phénomène qu’on nomme souvent la télé-réalité est surtout un miroir : à nous de discerner ce qu’elle reflète au delà de la surface de l’écran, et de décoder ce qu’elle mobilise en nous : réflexion, vulnérabilité, curiosité saine ou malsaine, invitation au dialogue, attrait pour l’inédit ou l’extraordinaire… La lecture que nous en ferons n’est pas plus innocente que la production.

 

Sophie Mathot - Conseillère conjugale, sexologue - Ancienne de notre équipe

« La vie ne veut pas le bonheur, elle veut la vie. » - Une Conférence de Monsieur Jean-Michel Longneaux

Jean-Michel Longneaux nous a introduit à la question du désir vue par les philosophes.

On peut regrouper les discours de ces penseurs en trois approches :

  1. le désir est lié à l’objet : l’objet du désir, l’objet manquant.
  2. le désir est ce qui nous structure, nous définit, nous constitue comme sujet, indépendamment de tout objet.
  3. le désir est une force qui nous fait vivre.

Voyons cela de plus près :

  1. Le désir de l’objet.

 

Le désir est un mouvement qui nous tourne vers un objet manquant (par ex. le désir d’une belle voiture, d’une personne,…). Mais vu sous cet angle , le désir est une catastrophe ...

En effet, pour Schopenhauer (philosophe du XIXe siècle), si ce désir nous pousse vers ce qui nous manque, alors notre vie est un cauchemar . Car elle oscille entre deux pôles : celui de la souffrance (on désire ce qu’on a pas) et celui de l’ennui (après avoir « obtenu » l’objet désiré, suit un court moment de plaisir puis, très vite, l’ennui d’avoir enfin ce que l’on a désiré et donc de ne plus désirer !). Prenons l’exemple du couple : on rêve de l’être aimé, on souffre de son absence, mais une fois qu’on l’a…

De plus, pour Schopenhauer, la convoitise liée au désir de l’objet manquant mène aux conflits, aux rivalités, à la violence. Le bouddhisme propose une issue à cette souffrance en enseignant d’  « éteindre »  le désir, de lâcher prise…

René Girard, auteur contemporain, reprend Schopenhauer mais il ajoute que le désir est mimétique : si nous désirons un objet, c’est parce que quelqu’un d’autre le désire aussi. Si nous reprenons l’exemple du couple et  le désir de l’autre : Est-ce vraiment elle/lui que je désire ou est-ce parce quelqu’un d’autre la/le désire qu’elle/il devient l’objet de mon désir ?

Le désir renvoie à nouveau à la catastrophe parce qu’on entre alors en compétition avec les autres (si l’objet est désiré par plusieurs) !  Il est donc source de violence… Pour évacuer celle-ci on désignera un bouc émissaire (« Si nous souffrons, c’est à cause de lui ! »). Tous s’unissent contre le « coupable » afin de commettre un « meurtre fondateur » pour restaurer la paix. Le désir de vengeance recrée du lien social.

  1. Le désir : ce qui nous structure.

Pour d’autres penseurs, aucun objet ne peut éteindre le désir. La psychanalyse s’enracine dans cette pensée    qui veut que l’être reste dans le désir même si l’objet manquant a été « trouvé ».

Kant parle d’un désir inéluctable parce que nous sommes des êtres de langage. Le langage crée le désir   parce qu’il a pour vertu de mettre les choses à distance. Le mot n’est jamais la chose en elle-même. Le désir naît de l’impossibilité du langage à dire absolument les choses telles qu’elles sont. Dans l’exemple du couple, l’impression que l’autre ne dit pas tout est un sentiment qui persistera car les mots (paroles rassurantes) ne combleront jamais totalement l’attente de l’autre.

De même, selon Kant, nous ne pouvons jamais nous définir, nous connaître entièrement, car la représentation du sujet passe à nouveau par le filtre du langage. Le sujet est donc un mystère pour lui-même ! Entre ce que le sujet dit ou pense de lui et ce qu’il est en réalité, il y a à nouveau décalage et donc désir.

Jean Nabert, autre philosophe qui poursuit la même démarche dit : « Nous sommes des êtres déchirés » et il le montre à travers trois expériences :

  • l’expérience de l’échec :

par rapport à un objet raté. L’échec est ce qui nous caractérise : « Nous sommes des êtres d’échec ». Nous ne coïncidons pas avec nous-même ; nous ratons souvent l’objet. Et même lorsqu’un objet (un projet) est réussi, cela ne nous comble pas ! On se demande toujours : « Et maintenant, qu’est-ce que je fais ? ». Ce qui suppose en nous l’idée d’un « moi pur qui réussit » inatteignable.

  • l’expérience de la faute :

Nous nous sentons sans cesse coupables (j’ai blessé, volé, …) parce que nous sommes perméables au mal.. L’idée d’être fautif est présente même quand on fait le bien, parce qu’on a toujours le sentiment de ne pas en avoir fait assez. Sentiment inconfortable au regard de l’idée du bien absolu.

Le désir se nourrit là ; de cette déchirure entre ce que je fais et ce que je voudrais faire.

  • l’expérience de la solitude :

Nous nous sentons « privés des autres ». Ce qui nous définit, c’est d’être unique, différent donc seul. L’idéal de l’amour fou, pour échapper à la solitude existentielle,  ne nous quitte pas. De là le désir de recommencer toujours des relations. Nous sommes donc le désir et nous ne pouvons y échapper !

  1. Le désir :  une force qui nous fait vivre.

Pour les penseurs précédents , le désir était vu comme une souffrance, un fardeau, une source de violence. D’où une conception triste de la vie, pour ceux qui « souffrent de la vie ».

Pour Nietzche, le désir est bien ce qui nous habite, nous structure de l’intérieur. Mais dit-il, il faut comprendre le désir non comme un manque mais comme une affirmation joyeuse de soi, une jouissance, une force de vie qui nous pousse toujours plus loin. C’est le désir qui nous relance en permanence et nous garde dans le mouvement de la vie.

« La vie ne veut pas le bonheur, elle veut la vie ».

« La vie veut vivre davantage et veut davantage de vie ».

Vivre c’est toujours recommencer… sinon c’est nier la force du désir en soi. En effet, à l’opposé, certains se fixent à la souffrance . C’est le cas par exemple de la personne qui a perdu  un être aimé et qui tue ses désirs pour rester en lien avec le disparu. « Tant que je souffre je reste avec celui qui m’a quittée !».

Deux auteurs contemporains reprennent la conception de Nietzche :

Pour Michel Onfray, matérialiste épicurien, le désir nous pousse vers la vie. Mais dès lors « les autres ne sont que des moyens pour me permettre de m’affirmer », c’est-à-dire « si je veux être à la hauteur de mon désir, peu importe les autres » ! Le désir se vivrait alors au détriment des autres …

Jean-Luc Marion répond à cet absurde du désir  en disant que jouer le jeu de la vie cela devient désirable pourvu qu’une personne autre nous ait dit que notre vie était aimable et désirable. L’autre est donc ce qui rend aimable mon désir. En d’autres mots, le désir n’est pas seulement mon affaire à moi, il a d’abord été  porté par d’autres qui m’ont aimé.

En conclusion ,  trois approches du désir :

-          le désir par rapport à l’objet manquant … source de souffrance et même de violence

-          le désir comme ce qui nous structure, né du décalage entre la réalité et ses représentations idéales dont le moi fait l’expérience

-          le désir comme force affirmative de la vie en soi

Anne-Cécile Lovens          

Conseillère conjugale

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