Consultation pour adolescents

L’adolescence est un moment particulier propre à chacun. En effet, si l’on peut parler de l’adolescence comme une étape de transition, un temps de métamorphose ou de crise, les souffrances et les questions des sujets adolescents restent, elles, toujours singulières.

Le temps de l’adolescence est un moment où le sujet est en difficulté pour nouer ce qu’il vit dans son corps au langage du sens commun. En proie à des souffrances opaques, indicibles, les adolescents sont confrontés à la question du mystère que l’on est à soi-même. L’inquiétante étrangeté pointe son nez avec le réel de la puberté qui ouvre dans le corps et la tête un charivari pulsionnel dont nous devons tenir compte lorsque nous rencontrons des adolescents en consultation. Quand la pulsion sexuelle entre en jeu à la puberté, elle étonne, exige, et cela se répercute sur le corps et dans le langage. L’adolescent est parfois plongé dans le dégoût, la honte ou la perplexité face à l’indicible de ce qui le traverse. Face à cet indicible, une série de passages à l’acte, une précipitation dans la sexualité peuvent être des modalités de réponse.

Offrir un lieu d’écoute, une oreille nouvelle, se faire lieu d’adresse des questions, est une première condition à ce qu’un sujet puisse venir traduire par la parole ce qu’il vit en lui. L’enjeu sera de susciter, éveiller le désir de savoir la cause de ce qui anime et fait souffrir le sujet adolescent. L’adolescent devra quant à lui consentir à élaborer son symptôme, se l’approprier pour pouvoir en parler et en faire une histoire, une logique voulant dire quelque chose pour lui et pour lui seul.

Même si les symptômes à l’adolescence suscitent l’inquiétude des adultes, il s’agit de pouvoir entendre ce qui, pour un jeune, fait souffrance, en nous laissant surprendre par la part de trouvailles déjà à l’œuvre dans tout symptôme (au delà de la part d’impasse qui le constitue).

En cela, les «  bizarreries » dans le comportement ou dans les pensées ne seront pas à éradiquer mais à articuler avec son histoire.

Laisser un temps au sujet pour dire au plus juste ce qui l’accable, l’inhibe ou parfois le pousse à l’acte, entrer dans la valse des mots et en passer par formuler ce qui lui arrive, se laisser surprendre part la part de surprise que comporte toute énonciation personnelle peut produire un effet sur les symptômes et sur le rapport qu’un jeune entretient avec les autres et avec lui-même.

Dans ce temps de « délicate transition » comme le dit Victor Hugo, la rencontre avec quelqu’un qui peut dire oui à la nouveauté tout en pouvant dire non à l’étrange satisfaction liée aux symptômes, permet souvent qu’un jeune sujet puisse rejouer de nouvelles cartes et ose se faire sujet de son désir en dehors de toute morale et de tout idéal mais pas sans l’éthique première qui est celle de se faire responsable de ce que l’on dit.

Accompagner et intervenir auprès de jeunes qui se trouvent à la croisée « de l’éveil et de l’exil » comme le dit le psychanalyste Philippe Lacadée permet que ce passage se fasse non pas sans crise mais avec un meilleur repérage de ce qui oriente leur vie. Souvent nous sommes amenés à rencontrer des jeunes en manque d’orientation (et ce pour des raisons très diverses) qui cherchent à s’assurer de la valeur de leur existence, qui ont besoin de trouver le point d’où ils pourraient se voir aimables, englués qu’ils peuvent être dans les impasses d’une jouissance impérative laissant peu de place au manque et donc à la place du sujet.

Enfants, ces jeunes s’appuyaient sur le discours de leurs parents mais la tâche de l’adolescence est de se détacher de ses parents et d’élaborer ses propres formules. Ce temps de l’exil est donc à la fois exil des solutions de son enfance et exil de son corps d’enfant.

Or, nous savons que pour tout être humain, tout être parlant, « parlêtre » comme dit Jacques Lacan, la rencontre avec l’Autre sexe n’est programmée par aucun code instinctif. De fait, rien ne vient dire comment un sujet doit faire pour se débrouiller avec sa libido et aucune recette ne peut être préconisée pour rencontrer l’Autre. Face à ce trou, à l’absence de réponse toute faite, l’adolescent peut se trouver en panne. Les manières de répondre à ce trou dans le savoir diffère pour chacun, il est important de prendre en compte ce que chaque sujet a construit face à cela, que ce soit sous forme de défense, de symptôme ou de passage à l’acte. C’est donc un temps logique où l’adolescent sommé de lâcher ses solutions de l’enfance se retrouve dans une certaine solitude pour traverser cette période houleuse de son existence. Cette recherche s’exprime parfois de façon provocante, turbulente, dérangeant l’ordre public et familial. La plupart du temps, les parents s’interrogent et se sentent impuissants ou inquiets face à ce tohu-bohu. Il est parfois nécessaire que certain jeune puisse trouver un appui individuel en dehors de sa famille, un lieu d’où il pourra être vu et reconnu autrement. Il s’agit ainsi d’amener le jeune à assumer la part qui lui revient malgré lui dans ce dont il se plaint. Au fil des rencontres, il s’agit de réintroduire la dignité du sujet de la parole et dans ce sens on est loin de la pédagogie, de la rééducation valable pour tous.

Texte de Nathalie Crame - Psychologue - Ancienne de notre équipe

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